Publication
Sanctions internationales : efficacité, limites, effets pervers
2026, Revue d'Économie Financière, 160(4), pp.97-108
Résumé
Les sanctions internationales se sont imposées comme un instrument central de la diplomatie coercitive, permettant de répondre à des violations du droit international sans recourir à la guerre. Leur usage s’est intensifié depuis la fin de la guerre froide, mais leur efficacité demeure débattue. Si elles remplissent des fonctions symboliques (envoyer un signal), tactiques (restreindre des capacités) et stratégiques (contraindre un changement de comportement), leur taux de succès reste limité et dépend fortement de l’ambition des objectifs. Souvent, elles produisent des effets pervers : consolidation des régimes visés par un réflexe nationaliste, contournement via la mondialisation, coûts économiques pour les émetteurs, fragmentation du système international et accusations de « deux poids, deux mesures ». Elles ne peuvent se substituer à une stratégie politique globale : leur efficacité suppose de les articuler à d’autres instruments diplomatiques, combinant coercition et incitation, dans un cadre multilatéral crédible.