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Entre droit, finance et management : le parcours d’Anne-Laure Bardou (SKEMA 2009)

Publié le 26 mai 2026

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Passée par le campus de Lille et diplômée du double diplôme Programme Grande Ecole et Master en droit des affaires de SKEMA et de l’Université du Littoral Côte d'Opale (ULCO) puis de l’Ecole de formation des barreaux (EFB) de Paris, Anne-Laure Bardou (SKEMA 2009) a construit un parcours entre droit, finance et gouvernance d’entreprise. Après plusieurs années en cabinets d’avocats internationaux puis à l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), elle est aujourd’hui directrice juridique chez Thales et accompagne le groupe sur des enjeux de droit des sociétés, de gouvernance, de financement et de droit boursier. Elle a été distinguée parmi les « 40 qui font le futur du droit » par l’Institut Choiseul, elle revient sur son parcours.

"Un bon dirigeant et un bon manager doivent comprendre le droit"


Pourquoi avoir choisi le double diplôme SKEMA-ULCO à une époque où le programme était encore récent ?

À l’époque, j’hésitais entre une prépa HEC classique et une prépa plus orientée ENS avec du droit. A mon sens, un bon dirigeant et un bon manager doivent comprendre le droit. Quand Diane de Saint-Affrique a ouvert ce programme, cela m’a semblé une évidence de rejoindre cette filière et j’ai même renoncé à une opportunité d’Erasmus au Canada pour intégrer ce double cursus, c’était un vrai choix.

J’ai travaillé dans des grands cabinets parisiens sur des opérations de fusions-acquisitions complexes, souvent avec une forte dimension internationale

 

Qu’est-ce que cette double compétence vous a apporté ?

Elle m’a donné une grille de lecture beaucoup plus large des organisations et du fonctionnement des entreprises. Le droit apporte une forme d’esprit critique, une capacité d’analyse et de synthèse ainsi qu’une rigueur qui sont très utiles dans des environnements complexes. En parallèle, les enseignements business et financiers de SKEMA m’ont énormément servi ensuite dans ma carrière, notamment lorsque j’ai travaillé sur des opérations financières. Avec le recul, je me rends compte que cette double formation m’a permis de naviguer entre plusieurs univers : le cabinet d’avocats, la régulation financière, puis l’entreprise. 

« J’ai fait des nuits blanches en cabinet d’avocats »

Après SKEMA, vous rejoignez le monde des cabinets d’avocats d’affaires. Comment avez-vous vécu cette première partie de votre carrière ?
C’était très formateur. J’ai travaillé dans des grands cabinets parisiens sur des opérations de fusions-acquisitions complexes, souvent avec une forte dimension internationale. Je voudrais aussi insister sur le fait que mon cursus anglophone à SKEMA m’a beaucoup aidée dans ce cadre.
L’environnement des cabinets d’avocats est très exigeant : on apprend énormément et très vite, y compris pendant quelques nuits blanches. 


Vous avez entrepris de quitter les cabinets pour rejoindre l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), pourquoi ?
J’avais envie de développer une expertise différente. Le droit boursier est un domaine très spécifique et je voulais comprendre en profondeur le fonctionnement des marchés et des sociétés cotées. À l’AMF, j’ai travaillé sur des opérations de marché stratégiques et ai appréhendé la communication financière des sociétés cotées, notamment à la Direction des Emetteurs.

« Je crois qu’on est plus fort à plusieurs »

Votre parcours a ensuite évolué vers des fonctions de management. Aujourd’hui chez Thales, sur quels sujets travaillez-vous au quotidien ?
Je dirige une équipe composée de juristes seniors, de paralegals et de stagiaires. Nous travaillons sur des sujets de gouvernance, de droit boursier, de financement et de droit des sociétés, notamment pour les filiales françaises du groupe. Nous accompagnons aussi les principales filiales internationales sur des enjeux majeurs de gouvernance. Je crois beaucoup au collectif. En cabinet déjà, j’ai rapidement encadré et fait monter en compétences des stagiaires ou des profils plus juniors. Avec le temps, j’ai compris que j’aimais vraiment ça.

Comment définiriez-vous votre style de management ?

Je pense être plutôt dans un management participatif et de coaching. Je crois en l’émulation collective : j’accorde beaucoup d’importance au travail en équipe, à la confiance et au partage. Chez SKEMA, nous avions énormément de travaux de groupe ou des exposés. Sur le moment, on ne voit pas toujours leur intérêt, mais cela développe une vraie capacité à travailler en collectif.

Le management représente-t-il un défi particulier ?
Oui, manager, c’est une responsabilité. Mais c’est aussi quelque chose qui m’anime : je trouve qu’il est essentiel de transmettre, d’accompagner les équipes et de les fédérer autour de projets structurants comme, par exemple, l’assemblée générale de Thales qui est un moment fort de l’année pour le groupe.

« Le droit est une liberté »

Avec le recul, qu’est-ce qui vous plaît encore dans les métiers juridiques ?
Leur diversité. On ne s’en rend pas toujours compte, mais le droit est une liberté. On peut changer d’environnement, de spécialité, de secteur… le quotidien peut devenir complètement différent au fil d’une carrière. C’est aussi ce que j’apprécie dans l’entreprise : on peut évoluer, changer de périmètre, découvrir de nouveaux sujets ; cette flexibilité existe moins dans les cabinets d’avocats.


Comment voyez-vous l’impact de l’intelligence artificielle sur ces métiers du monde juridique ?

C’est un sujet majeur pour la profession. A la Direction Juridique de Thales, nous utilisons déjà des outils internes d’IA générative pour certaines tâches administratives ou de traduction, et cela fait gagner beaucoup de temps. Il faut toutefois rester prudent car il y a encore de nombreuses hallucinations et des erreurs sont possibles. Cela pose aussi une vraie question sur la formation des jeunes générations de juristes et des stagiaires.

"C’étaient de très bonnes années"

Gardez-vous un lien avec votre alma mater aujourd’hui ?
Oui, bien sûr ! J’ai encore des amis très proches rencontrés à SKEMA. On continue de se voir régulièrement. Je garde un très bon souvenir du campus de Lille et de l’ambiance étudiante. C’étaient de très bonnes années - à part peut-être les cours qui débutaient à 7 heures 45 … (rires).

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