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Inspiré par la Norvège, cet alumnus de SKEMA crée un sauna social à Paris
Diplômé du MSc International Business de SKEMA, Thomas Lecuna (SKEMA 2024) a puisé dans ses années en Norvège l’idée de Dropp Social Sauna. Installé à « Bercy Encore », un tiers-lieu verdoyant entre bureaux et périph', ce projet associe saunas, bains froids et espaces de détente. Son ambition est claire : rendre cette pratique scandinave accessible et faire naître une communauté au cœur de Paris.
Quel parcours avez-vous suivi avant de rejoindre SKEMA ?
J’ai suivi un BTS, puis une licence en alternance. J’ai ensuite vécu un an en Australie et un an en Norvège. Ce parcours différait de celui de plusieurs étudiants de ma promotion.
J’ai rejoint SKEMA en 2021 pour suivre le MSc International Business. J’ai effectué une grande partie du programme sur le campus de Paris, puis mon dernier semestre à Stellenbosch, en Afrique du Sud. Cette expérience reste l’un des temps forts de mon cursus.
Vous êtes-vous investi dans la vie associative de SKEMA ?
J’ai participé à l'organisation d'une édition du TEDx SKEMA Paris, où j’avais la charge des partenariats. J’ai aussi contribué à la préparation de l’événement sur plusieurs sujets. Cette expérience m’a permis de prendre part à un projet collectif avec des responsabilités concrètes.
Comment est née l’idée de Dropp Social Sauna ?
Je vis à Oslo depuis plus de trois ans. J’y avais déjà séjourné pendant la période du Covid, puis lors d’un stage effectué entre mes deux années de master.
En Norvège, les saunas installés près de la mer ou des fjords occupent une vraie place dans la vie sociale. Les tarifs restent accessibles et les publics se mélangent. On peut y retrouver des amis, rencontrer d’autres personnes ou profiter du lieu seul.
Mon associé, Nils, qui est aussi un ami de longue date, est venu me rendre visite à Oslo. Il a découvert ces lieux et a adhéré au concept. Nous avons constaté qu’il n’existait pas d’équivalent à Paris. C’est à ce moment-là que le projet a pris forme.
Votre première idée consistait à installer le sauna sur la Seine. Pourquoi avez-vous changé de projet ?
Nous voulions reproduire les établissements flottants que nous avions vus à Oslo. Le contexte des Jeux olympiques et les travaux menés autour de la qualité de l’eau de la Seine renforçaient l’intérêt du concept.
Nous avons pris contact avec Voies navigables de France (VNF), mais les emplacements commerciaux passent par des appels à projets. Le coût constituait un autre obstacle. Un devis pour une plateforme flottante de 150 m² atteignait près de 400 000 euros.
Nous avons donc cherché un terrain, tout en conservant un principe essentiel : proposer une expérience en extérieur. Nous voulions créer un lieu ouvert sur la nature, avec des charges compatibles avec un prix d’entrée accessible.
Où avez-vous installé Dropp Social Sauna ?
Nous sommes installés à Bercy Encore, un tiers-lieu situé près de la porte de Bercy. Le site accueille plusieurs associations et entreprises, dont une guinguette, des installations sportives, une ressourcerie de plantes et des structures liées au compost.
Le terrain appartient à la SNCF et s’inscrit dans un projet d’urbanisme transitoire. Une association a remporté l’appel à projets et nous sous-loue une partie du site.
Ce cadre nous a permis de concrétiser notre idée, mais il présente une part d’incertitude. Le projet d’occupation doit encore courir pendant deux ans et demi, sans garantie de renouvellement. Cette situation a compliqué la recherche de financements.
Comment avez-vous financé le lancement du projet ?
Nous avons obtenu un emprunt bancaire à la hauteur des fonds nécessaires. L’opération a été difficile à monter en raison de la durée de notre bail. Nous avons complété ce prêt avec nos économies et le soutien de proches. Nous avons aussi reçu une aide de Paris Initiatives Entreprises afin de renforcer notre apport personnel.
Notre budget nous a conduits à réaliser une grande partie des travaux nous-mêmes. Nous avons aussi utilisé des matériaux de récupération. Ces contraintes ont façonné le projet et son identité.
Quelle expérience proposez-vous sur place ?
Le site comprend trois saunas et peut accueillir 35 personnes en simultané. Le plus grand mesure 24 m² et peut accueillir 18 personnes. Deux saunas plus petits ont été fabriqués en Ardèche. L’un est fabriqué à partir de bois de châtaignier, dans un style rustique, non sans rappeler les latitudes septentrionales de la Scandinavie.
Nous proposons aussi des bains froids importés du Danemark, des douches, des vestiaires, une terrasse et un espace de détente. Cet espace pourra accueillir des cours de yoga, des activités physiques ou des ateliers pour groupes.
Une partie des installations a été pensée pour pouvoir être déplacée si nous devons un beau jour quitter le terrain. Notre espace d’accueil prend place dans une construction aménagée et transportable.
Comment fonctionne une séance ?
Les visiteurs réservent un créneau d’une heure et demie sur notre site. L’entrée simple coûte 20 euros. Nous proposons aussi des packs et des abonnements.
Le lieu accueille les particuliers comme les entreprises. Il est possible de privatiser l’ensemble du site ou l’un des petits saunas. Les séances ouvertes permettent aux visiteurs de partager l’espace et d’échanger. Cette dimension sociale constitue le cœur du projet.
Que souhaitez-vous apporter aux Parisiens ?
À Paris, les occasions de couper avec le rythme de la ville restent rares. Nous avons voulu créer une bulle de décompression, dans un cadre qui change des lieux de bien-être classiques.
Les arbres, les matériaux naturels et la configuration du site donnent le sentiment de quitter Paris. Certains visiteurs nous disent avoir l’impression d’avoir passé l’après-midi à la campagne.
Nous avons aussi conçu l’expérience pour favoriser la déconnexion. Les téléphones restent à l’écart et nous n’avons pas installé d’horloge dans l’espace consacré aux saunas et aux bains froids. Pendant une heure et demie, les visiteurs peuvent oublier leur travail, leurs contraintes et leur emploi du temps.
Quelle communauté souhaitez-vous construire autour de Dropp Social Sauna ?
Nous voulons créer un lieu vivant, dans lequel les gens peuvent revenir, se rencontrer et se sentir à leur place. Chacun doit pouvoir vivre l’expérience comme il le souhaite : discuter, retrouver ses proches ou rester dans son coin.
Cette liberté existe dans les saunas norvégiens qui nous ont inspirés. Notre objectif consiste à faire vivre le même état d’esprit à Paris.