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Un étudiant de SKEMA s’ouvre les portes de la diplomatie pendant sa césure
Étudiant en M1 du Programme Grande École de SKEMA Business School, Aurèle Pourcel consacre son année de césure à la diplomatie. Après six mois au sein de la mission de défense de l’ambassade de France en Suisse, à Berne, il s’apprête à rejoindre l’ambassade de France à Vienne, en Autriche. Un parcours où se croisent géopolitique, défense et maîtrise de l’allemand.
Une école de management peut-elle mener à une ambassade ? La question s’est posée dès l’entretien d’Aurèle Pourcel, étudiant en PGE, bien décidé à rejoindre la mission de défense française à Berne, la capitale suisse. Son profil, celui d’un étudiant de SKEMA candidatant dans un univers où se croisent diplomatie, armées et géopolitique, interpelle la recruteuse. « Je lui ai expliqué qu’à SKEMA, on avait un track géopolitique, avec des cours qui nous permettaient d’acquérir les connaissances nécessaires », se souvient Aurèle.
Ce qui avait été assez crucial, c’est déjà que je parle allemand.
Avec le recul, il comprend que cette question visait moins à contester la légitimité de sa candidature qu’à vérifier la cohérence de son projet : « Elle voulait voir si j’étais complètement à côté de la plaque ou si je savais vraiment ce que je voulais. »
Une candidature trouvée sur une plateforme de l’État
Le point de départ est simple. À l’approche de son année de césure, Aurèle consulte PASS, la plateforme qui recense les offres proposées dans les ministères et les ambassades. « J’ai postulé, tout simplement. Il y a un site, pass.gouv.fr, qui recense les offres en ambassade et dans les ministères »
Déjà attiré par les questions de défense, il filtre les annonces du ministère des Armées et tombe sur une offre au sein de la mission de défense de l’ambassade de France en Suisse. « J’avais filtré sur le ministère des Armées et je suis tombé sur la mission de défense à Berne. »
L’allemand joue aussi en sa faveur. Lors de son recrutement, l’attachée de défense lui confirme que cette compétence linguistique a pesé dans le choix de son profil. « Ce qui avait été assez crucial, c’est déjà que je parle allemand. » Une compétence qui lui permet notamment d’accéder à certaines sources spécialisées.
À Berne, suivre les enjeux de défense
Pendant six mois, Aurèle rejoint une équipe réduite composée de l’attaché de défense, d’un sous-officier et d’un stagiaire. Sa mission principale consiste à suivre les évolutions politiques, militaires et sécuritaires suisses. Il analyse la presse, observe les prises de position du gouvernement et produit des revues de presse et des notes de synthèse. « L’objectif, c’était d’expliquer aux autorités françaises ce qui se passait en Suisse au niveau de l’armement, de la politique de défense ou de la sécurité. » Ses travaux sont relus par l’attaché de défense avant leur transmission à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées.
Le stage lui permet aussi d’assister à des conférences et de rencontrer des représentants de l’armée suisse. « Ça permet de parler avec des gens de l’armée suisse et d’échanger. Ça ouvre sur des idées auxquelles on n’a pas forcément affaire tous les jours. »
Berne ouvre la voie à Vienne
Fin septembre, Aurèle quittera Berne pour rejoindre l’ambassade de France en Autriche. Après le ministère des Armées, il dépendra cette fois du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et intégrera la chancellerie politique. « Ce ne sera plus militaire. Ce sera de la coopération, des affaires publiques. Ce sera un autre monde, mais toujours au sein d'une ambassade. »
Cette deuxième expérience prolonge aussi le fil germanophone de son parcours. Après la Suisse et l’Autriche, Aurèle doit effectuer une partie de son M1 dans une université partenaire en Allemagne. « Je vais avoir fait trois pays germanophones en un an et demi. »
Un vaste champ des possibles
Avant sa césure, Aurèle avait déjà effectué un stage de trois mois chez KNDS, groupe franco-allemand du secteur de la défense. Son environnement familial nourrit aussi cet intérêt : son père et ses frères sont militaires.
Pour la suite, il hésite encore entre plusieurs voies : les concours du Quai d’Orsay, l’analyse géopolitique ou l’industrie de défense. « Avec deux stages en ambassade, je peux soit passer les concours du Quai d’Orsay, soit intégrer une entreprise de défense et travailler dans l’analyse géopolitique. Ça me laisse pas mal de portes ouvertes. »
Son parcours porte surtout un message simple : certaines voies paraissent fermées parce qu’on imagine qu’elles sont réservées à des profils précis. La sienne a commencé par une offre repérée sur une plateforme publique, une candidature et un entretien.
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