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Maxime Dupuy (SKEMA 2023) : "Blumana aide les marques à comprendre ce que disent vraiment leurs consommateurs"
Diplômé du programme Grande Ecole de SKEMA Business School en 2022, Maxime Dupuy a cofondé Blumana avec Alain Nguyen et Paul Leveau. Lancée en novembre 2023, la start-up utilise l’intelligence artificielle pour analyser les conversations consommateurs en ligne et aider les marques à mieux comprendre leurs marchés. Déjà accompagnée par de grands noms comme L’Oréal, Air France ou BUT, l’entreprise a sécurisé plus de 600 000 euros auprès de SIDE Angels, Inovexus, Paris Business Angels et Campus Fund. Une enveloppe d’investissement est aussi ouverte via SoWeFund.
Vous avez lancé Blumana en novembre 2023. Quelle est l’idée derrière cette start-up ?
Blumana aide les marques à mieux comprendre leur marché à partir de ce que disent leurs consommateurs. Nous analysons les conversations en ligne, les avis clients, les réseaux sociaux, les enquêtes ou encore les contenus publiés sur des plateformes comme TikTok et Instagram. L’objectif est de transformer cette masse d’informations en connaissances utiles pour les équipes marketing, expérience client ou produit. Grâce à l’intelligence artificielle, nous agrégeons ces données, nous les analysons et nous produisons des recommandations concrètes, exploitables par les marques.
Concrètement, comment fonctionne votre solution ?
Blumana est une plateforme sur laquelle les marques peuvent se connecter. Elles ont accès à des tableaux de bord, mais aussi à des agents IA capables d’aller chercher les informations sur différentes sources, puis de lancer des analyses. Selon les sujets, certaines analyses prennent quelques minutes. D’autres, plus larges, peuvent nécessiter 45 minutes ou une heure. À la fin, les équipes disposent d’un rapport clair, avec des synthèses et des recommandations. L’idée n’est pas seulement de produire de la donnée, mais de rendre cette donnée actionnable et visible par les marques.
Nous avons déjà sécurisé plus de 600 000 euros auprès de plusieurs acteurs de l’écosystème entrepreneurial, dont SIDE Angels, Inovexus, Paris Business Angels et Campus Fund.
Vous travaillez déjà avec de grandes marques. Quels sont les cas d’usage ?
Nous travaillons avec des marques de consommation comme L’Oréal, Air France ou BUT. Elles cherchent à comprendre ce que les consommateurs disent de leurs produits, de leurs usages, de leurs attentes ou de leurs irritants. Par exemple, une marque peut vouloir se positionner sur l’univers de l’outdoor, autour de la randonnée ou du running. Nous pouvons analyser les conversations liées à ces pratiques, repérer les attentes des communautés, identifier les formats de communication qui fonctionnent et aider la marque à mieux construire ses actions marketing.
Blumana peut aussi aider les marques à identifier des influenceurs ?
Oui, c’est l’un des cas d’usage. À partir de l’analyse d’une communauté, nous pouvons identifier des influenceurs pertinents pour une marque. Certains ont moins de 100 000 abonnés, d’autres ont une audience plus large, mais l’enjeu est surtout de comprendre leur pertinence réelle avec une cible donnée. Nous analysons aussi les placements de produits qui ont fonctionné, les messages bien reçus et les informations à intégrer dans un brief. Cela permet aux marques d’éviter de choisir un influenceur uniquement sur sa taille d’audience. Miracle, on peut donc encore faire du marketing avec un peu de cerveau.
Comment est structurée l’équipe aujourd’hui ?
Nous sommes six aujourd’hui, bientôt sept à partir de septembre. L’équipe compte quatre développeurs, ainsi que les trois cofondateurs, Alain Nguyen, Paul Leveau et moi-même. Nous avons consacré une première phase à la construction du produit et de la technologie. Aujourd’hui, nous entrons dans une phase d’accélération commerciale.
Votre parcours à SKEMA avait déjà un lien avec l’analyse de l’opinion. Est-ce que Blumana s’inscrit dans cette continuité ?
Oui, clairement. À l’époque de SKEMA, nous avions lancé un projet autour de l’opinion des jeunes, qui les aidait à se positionner sur des personnalités et des sujets d’actualité. Avec Blumana, nous sommes passés à l’opinion des consommateurs, à ce qu’ils expriment, ressentent et attendent. Le fil conducteur reste le même : comprendre ce que les gens disent, ce qu’ils pensent, et aider les organisations à en tirer quelque chose d’utile. Je ne l’avais pas imaginé comme ça au départ, mais avec le recul, il y a une vraie continuité.
Blumana a lancé une levée de fonds. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Nous avons déjà sécurisé plus de 600 000 euros auprès de plusieurs acteurs de l’écosystème entrepreneurial, dont SIDE Angels, Inovexus, Paris Business Angels et Campus Fund. Cette levée doit nous permettre d’accompagner notre développement commercial, de renforcer notre technologie et de continuer à structurer l’équipe. Nous avons aussi ouvert une enveloppe via SoWeFund, afin de permettre à des particuliers d’investir dans Blumana, avec un ticket d’entrée fixé à 1 000 euros. L’idée est d’ouvrir l’aventure à un public plus large que celui des business angels habitués à investir des montants plus élevés.
Quelle est la prochaine étape pour Blumana ?
La priorité est de poursuivre l’accélération commerciale, après une première phase centrée sur le produit. Nous voulons continuer à convaincre des marques, enrichir la plateforme et renforcer notre capacité à transformer les conversations consommateurs en recommandations utiles. Les entreprises disposent déjà de nombreuses données. Le vrai sujet est désormais de leur donner du sens, de les rendre lisibles et de permettre aux équipes de prendre de meilleures décisions.