Actualités
Recherche : peut-on savoir si un inconnu est digne de confiance en regardant son visage ?
Une étude coécrite par Zakaria Babutsidze, professeur à SKEMA Business School, montre qu’il est impossible d’évaluer la fiabilité d’un inconnu à partir d’un portrait neutre avec une précision supérieure au hasard. Les individus continuent pourtant d’accorder un poids considérable aux informations fournies par le visage.
Publiée dans Theory and Decision, cette recherche a été menée par Zakaria Babutsidze avec Adam Zylbersztejn, de l’Université Lyon 2 et de GATE-CNRS, Nobuyuki Hanaki, des universités d’Osaka et de Limassol, et Astrid Hopfensitz, d’emlyon business school et de GATE-CNRS.
Zakaria Babutsidze est membre du centre de recherche Knowledge, Technology and Organization (KTO) de SKEMA. Ses travaux portent sur la communication et les interactions, la prise de décision individuelle ainsi que les comportements de consommation liés au numérique et aux enjeux environnementaux.
Nos premières impressions nous trompent
L’étude repose sur une expérience en laboratoire menée en trois étapes auprès de 357 participants à Paris, Lyon et Nice. Les participants ont observé des portraits neutres avant de prédire le comportement des personnes représentées dans un jeu économique mettant en jeu des gains financiers réels.
Le taux moyen de bonnes réponses s’est établi autour de 50 %, soit un résultat équivalent au hasard. Certains portraits ont suscité un plus grand nombre de prédictions exactes, mais les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve d’une capacité humaine stable à « lire » la fiabilité d’une personne sur son visage.
« Les visages influencent notre manière d’évaluer les autres, mais nos résultats révèlent un écart entre la confiance accordée aux premières impressions et leur valeur prédictive. Voir le visage de quelqu’un peut nous donner le sentiment de disposer de plus d’informations, sans améliorer la justesse de notre jugement », explique Zakaria Babutsidze.
Malgré ces résultats, les participants ont continué à considérer les informations livrées par le visage comme utiles. Ces conclusions interrogent le poids accordé aux premières impressions dans le recrutement, le management, les transactions en ligne et les situations où des décisions lourdes de conséquences reposent sur peu d’informations visuelles.