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Podcast : "Peut-on être un Daft Punk sur LinkedIn ?" les réponses de Fayçal Belmadi (SKEMA 2016)

Alumni

Publié le 21 octobre 2026

Daft Punk a construit sa légende en cultivant le silence. Sur LinkedIn, la logique paraît inverse : ceux qui prennent la parole occupent l'espace. Dans ce nouvel épisode de Makes Sense?, le podcast de SKEMA consacré aux liens entre pop culture et sciences sociales, Fayçal Belmadi (SKEMA 2016), Directeur Réseaux sociaux, Influence et Relations Presse chez Decathlon, s'interroge sur ce qui permet réellement d'exister sur la plateforme professionnelle.

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Avec près de 40 000 abonnés et une présence reconnue parmi les créateurs les plus visibles du réseau, Fayçal Belmadi pourrait être tenté de distribuer des recettes toutes faites. C'est pourtant l'inverse qu'il fait tout au long de l'échange avec Kevin Erkeletyan.

« Je préfère être aligné plutôt que vouloir me démarquer à tout prix »

L'une des idées reçues les plus répandues sur LinkedIn consiste à penser qu'il faut absolument être différent des autres. Pour l'ancien diplômé de SKEMA, la question est mal posée. « Je préfère être aligné plutôt que vouloir me démarquer à tout prix. »

Selon lui, la cohérence entre la personne réelle et son expression en ligne compte davantage que la quête permanente d'originalité. Un profil qui cherche à jouer un rôle finit souvent par perdre en crédibilité. À l'inverse, une parole authentique peut trouver son public, même sans chercher l'effet spectaculaire.

« À la fin, si on doit retenir une chose, qu'est-ce que c'est ? »

L'entretien s'intéresse ensuite à la savante mécanique d'un bon post LinkedIn. Accroches choc, formules toutes faites (sans être alambiquées, c'est mieux), storytelling calibré : les techniques abondent. Mais pour Fayçal Belmadi, la priorité reste la clarté du message. « Dans mon post LinkedIn, à la fin, si on doit retenir une chose, qu'est-ce que c'est ? », se demande l’alumnus. Cette question sert de boussole au moment de rédiger. Avant de penser à l'algorithme ou au format, il faut savoir ce que le lecteur doit emporter avec lui une fois la lecture terminée. Une approche simple qui contraste avec les discours parfois complexes tenus autour du personal branding.

« Il ne faut jamais s'auto-juger avant l'algorithme »

Publier reste une source d'appréhension pour beaucoup de professionnels. Le faible nombre de réactions peut rapidement décourager les plus motivés. Là encore, Fayçal Belmadi invite à prendre du recul. « Il ne faut jamais s'auto-juger avant l'algorithme », lance-t-il pendant l’épisode. Le diplômé rappelle que certaines publications auxquelles il croyait peu ont parfois rencontré un fort succès, tandis que d'autres, « soigneusement préparées », ont obtenu des résultats plus modestes. Une raison supplémentaire pour publier sans chercher à prédire systématiquement la réaction du réseau.

 

« Entre une publication qui reste en brouillon et une publication qui va peut-être marcher... »

 

La formule résume sans doute l'un des enseignements majeurs de l'épisode. « Entre une publication qui reste en brouillon et une publication qui va peut-être marcher, autant laisser sa chance à la publication », explique Fayçal. Cette philosophie s'oppose à la recherche de perfection qui conduit parfois à ne jamais publier. Comme Daft Punk lorsqu'ils expérimentaient de nouveaux sons, la prise de parole implique une part d'incertitude.

Un algorithme pour les influencer tous ?

À travers plusieurs travaux de recherche cités dans l'épisode, Makes Sense? montre comment les créateurs de contenus construisent collectivement des théories sur l'algorithme. Conseils de publication, horaires idéaux, règles supposées : ces croyances finissent souvent par uniformiser les contenus. Pourtant, les études présentées aboutissent à une conclusion plus nuancée. Les contenus les plus efficaces ne sont ni totalement conformes aux codes de la plateforme, ni complètement marginaux. Ils combinent singularité et familiarité. Une logique que les chercheurs qualifient de « distinctivité optimale ».

La leçon de Daft Punk

C'est finalement là que le parallèle avec Daft Punk prend tout son sens. Le duo n'a jamais rejeté les règles de la musique populaire. Il les a utilisées comme point d'appui pour construire un univers immédiatement reconnaissable. Sur LinkedIn, le constat semble similaire. Être visible ne consiste pas forcément à parler plus fort que les autres, mais à apporter un point de vue personnel dans un langage que tout le monde peut comprendre. Comme le suggère cet épisode de Makes Sense?, la meilleure façon d'être un Daft Punk sur LinkedIn n'est peut-être pas de porter un masque. C'est de trouver sa propre voix.

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