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Anishta Teeluck : championne d’Afrique, nageuse olympique et étudiante à SKEMA
Prometteuse nageuse olympique mauricienne née à Milan, Anishta Teeluck suit le MSc Sport, Event and Hospitality Management sur le campus de SKEMA Business School à Sophia Antipolis. Installée à Antibes, où elle s’entraîne aux côtés d’autres athlètes internationaux, la double championne d’Afrique du 200 mètres dos revient sur son parcours, son expérience aux JO de Paris 2024 et son ambition à long terme : atteindre Los Angeles 2028.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Anishta Teeluck a construit sa vie autour de l’eau. Née à Milan de parents mauriciens, l’étudiante possède la double nationalité italienne et mauricienne. Durant son enfance en Italie, la jeune athlète commence la natation avec sa mère.
De fil en aiguille, elle concourt au niveau national, en Italie, dans des championnats juniors et élites. Après la période du Covid, elle choisit de représenter Maurice sur la scène internationale. Une décision qui ouvre un nouveau chapitre dans sa carrière sportive.
J’ai participé à plusieurs championnats d’Afrique, aux championnats du monde, puis aux Jeux olympiques de Paris 2024 sur le 200 mètres dos
Depuis, elle a participé aux championnats d’Afrique, aux championnats du monde et, en 2024, aux Jeux olympiques de Paris, où elle a représenté Maurice sur le 200 mètres dos. Sacrée deux fois championne d’Afrique du 200 mètres dos en 2024, elle est aussi détentrice de plusieurs records nationaux mauriciens. Il y a deux semaines, lors des championnats d’Afrique en Algérie, elle a battu un record national historique vieux de 34 ans sur le 400 mètres nage libre et remporté la médaille d’argent sur le 200 mètres dos, malgré une petite maladie pendant la compétition.
Après les Jeux, l’étudiante obtient une bourse de World Aquatics pour s’entraîner à Antibes, aux côtés d’autres athlètes de haut niveau. En parallèle de sa carrière sportive, elle suit le MSc Sport, Event and Hospitality Management sur le campus de Sophia Antipolis.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre histoire avec la natation ?
Je suis née à Milan et j’ai la double nationalité : italienne et mauricienne. J’ai grandi en Italie, où j’ai fait mes études et commencé ma carrière de nageuse. Aujourd’hui, je suis un master en Sport, Event and Hospitality Management à SKEMA, et je commencerai ma deuxième année au mois de septembre 2026.
J’ai commencé à nager vers l’âge de deux ans. Ma mère m’a mise dans la piscine, et c’est comme ça que tout a commencé. J’ai débuté la natation en compétition à cinq ou six ans.
Au départ, je nageais surtout en Italie pour mon club et je participais aux compétitions nationales italiennes, en junior comme en élite. J’ai atteint les finales des championnats d’Italie juniors. Puis, après le Covid, j’ai senti que j’avais besoin de vivre autre chose.
C’est à ce moment-là que vous avez décidé de représenter Maurice ?
Oui. En natation, on ne peut avoir qu’une seule nationalité sportive. J’ai donc décidé d’utiliser ma nationalité mauricienne et je suis allée à Maurice pour participer à des compétitions. Cela m’a ouvert beaucoup de portes.
Maurice est une petite île, un petit pays, et nous n’avions pas une très grande délégation. Je crois que nous étions environ 13 athlètes au total.
J’ai participé à plusieurs championnats d’Afrique, aux championnats du monde, puis aux Jeux olympiques de Paris 2024 sur le 200 mètres dos. Cette décision a changé mon parcours.
Quand la natation est-elle devenue plus qu’une passion ?
Après le Covid, en 2022. J’ai commencé à voyager pour les compétitions et j’ai reçu un peu de soutien du gouvernement après avoir remporté des médailles au niveau continental. Ce n’était pas énorme, mais cela m’a aidée. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « Maintenant, cela devient sérieux. »
Après les Jeux olympiques, j’ai obtenu une bourse de World Aquatics pour m’entraîner à Antibes, dans un centre avec d’autres athlètes internationaux. Je suis installée ici depuis l’an dernier. J’ai ensuite décidé de poursuivre mes études et de rejoindre SKEMA.
Vous avez représenté Maurice aux Jeux olympiques de Paris 2024. Qu’a représenté cette expérience pour vous ?
C’était immense. Maurice est une petite île, un petit pays, et nous n’avions pas une très grande délégation. Je crois que nous étions environ 13 athlètes au total.
J’ai pu vivre dans le village olympique, la cérémonie d’ouverture et la cérémonie de clôture. Je suis restée à Paris pendant près d’un mois, et c’était incroyable. Quand on entre dans le village olympique, on a l’impression d’entrer dans un autre monde. Tout est fait pour les athlètes. On croise des sportifs venus de partout. C’est une expérience qui ne ressemble à aucune autre.
Que retenez-vous de votre course ?
Le jour de ma course, j’étais dans la première série de la journée. J’avais l’impression que tous les regards étaient tournés vers moi. Quand je suis entrée dans la piscine, j’ai vu le public autour de moi et j’ai entendu tout le monde crier. Je me souviens m’être dit : « Où suis-je ? »
C’était impressionnant. Je n’étais pas aussi concentrée que je l’aurais souhaité. Mes émotions ont un peu pris le dessus. Mais c’était une expérience incroyable. J’ai adoré les Jeux olympiques, et mon objectif est désormais d’atteindre les Jeux de Los Angeles en 2028.
Vous êtes spécialiste du dos. Qu’aimez-vous dans cette discipline ?
J’aime toutes les nages (rires), mais je suis plus rapide en dos, donc c’est devenu ma discipline. J’ai beaucoup concouru depuis mon enfance, et je participe encore à beaucoup de compétitions aujourd’hui.
Pour la plupart des courses, à l’exception des Jeux olympiques, qui étaient une expérience à part, j’essaie de ne pas trop penser à la pression. Je ne me dis pas : « Je dois gagner » ou « Je dois faire tel temps ». Si je me mets trop de pression, cela affecte mes performances.
J’essaie de suivre ma routine : me réveiller, prendre mon petit-déjeuner, faire mon échauffement, me préparer, enfiler ma combinaison et aller en chambre d’appel. Je me concentre sur ce que je sais faire.
Comment conciliez-vous sport de haut niveau et études à SKEMA ?
L’organisation est très importante. Être proche de mon centre d’entraînement à Antibes m’aide beaucoup. SKEMA me donne aussi de la flexibilité, grâce à mon statut de sportive de haut niveau. Il m’est arrivé d’arriver en retard en cours à cause de l’entraînement, mais les professeurs connaissaient ma situation et se montraient compréhensifs. Cela m’a aidée à assister aux cours quand je le pouvais, à écouter les enseignements et à suivre le programme. Mes camarades m’ont aussi beaucoup aidée. Quand je ne comprenais pas quelque chose, ils prenaient le temps de me l’expliquer et de m’envoyer leurs notes. Ce soutien a fait une vraie différence. Le soutien dont je bénéficie chez SKEMA fait une grande différence.
Ce double projet exige-t-il des sacrifices ?
Oui. Je n’ai pas vraiment beaucoup de vie sociale. Je nage, je vais à l’école, j’étudie. Parfois, je dîne avec mes camarades, mais cela s’arrête là.
Il faut faire des sacrifices. Pour l’instant, je suis heureuse de cette situation, et mes résultats sont bons, donc je le vis de manière positive.
Qu’est-ce que la natation vous a appris sur la discipline, la résilience et l’échec ?
Ma devise, c’est de ne jamais abandonner. Après les Jeux olympiques, j’ai traversé une période plus difficile. Je ne performais plus comme avant. Dans ces moments-là, il faut continuer et faire confiance au processus.
Si vous continuez à vous entraîner et à faire tout ce que vous pouvez, les résultats finissent par arriver. Il faut rester constant, déterminé et concentré sur ses objectifs. Quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut se demander ce qui n’a pas marché et ce que l’on peut améliorer.
Quels sont vos prochains objectifs ?
Dans le sport, mon objectif à long terme est de participer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Dans la vie, je veux trouver un emploi, être stable quelque part et continuer à nager, même après ma carrière. Pas au même niveau, bien sûr, mais je veux que le sport reste dans ma vie.
Quel type de poste aimeriez-vous occuper ?
Pour être honnête, je ne le sais pas encore. Comme j’étudie le sport management, j’aimerais travailler pour une organisation ou une entreprise impliquée dans la gestion d’événements sportifs. Peut-être dans un comité olympique ou dans le secteur sportif international. Je suis encore en phase de réflexion.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui veulent mener un projet ambitieux ?
Il faut être organisé. Quand on a des choses à faire, il faut suivre son organisation et les faire. Et quand on n’a pas envie de faire quelque chose, il faut penser à ses objectifs.
Les difficultés sont toujours là. Les obstacles sont toujours là. Il faut continuer à avancer et faire les choses du mieux possible. Il y a des sacrifices, bien sûr. C’est difficile, mais ce n’est pas impossible.
Avez-vous des nageuses ou nageurs préférés dans la natation ?
Dans l’histoire de la natation, l’Américain Michael Phelps est une référence. Mais Federica Pellegrini faisait aussi partie de mes modèles. Elle est italienne, et quand j’étais petite en Italie, je la regardais beaucoup.