Actualités
De SKEMA à Mexico : Edgar Brenas (PGE) au cœur de la diplomatie de défense française
Après deux années de classe préparatoire au lycée militaire d’Aix-en-Provence, Edgar Brenas a rejoint le Programme Grande École de SKEMA en L3, sur le campus Grand Paris, où il a choisi le track « Geopolitics for Managers ». Désormais étudiant en M1 et en année de césure, il achève une mission de six mois au sein de l’ambassade de France à Mexico. Un parcours singulier au service d’un projet : devenir officier de l’armée de Terre.
Votre parcours dans l’enseignement supérieur a commencé au lycée militaire d’Aix-en-Provence. Pourquoi avoir choisi cette voie ?
J’ai suivi deux années de classe préparatoire au lycée militaire d’Aix-en-Provence avec le projet de présenter les concours de Saint-Cyr. J’ai passé les concours militaires et ceux des écoles de commerce au cours de la même année. À l’issue de ma prépa, j’ai rejoint le programme Grande École de SKEMA en L3, sur le campus Grand Paris. J’y ai choisi le track « Geopolitics for Managers », qui correspondait à mon intérêt pour la défense et les relations internationales. Je suis désormais en M1 et j’effectue mon année de césure.
Les cours suivis à SKEMA m’ont apporté les outils d’analyse nécessaires pour comprendre les enjeux diplomatiques et sécuritaires.
Pourquoi avoir choisi une école de management après cette préparation militaire ?
Je ne voyais pas ces deux voies comme opposées. Le management occupe une place majeure dans le métier d’officier, qui repose sur le commandement, la prise de décision et la conduite d’équipes. SKEMA se distinguait par la place accordée à la géopolitique. Peu d’écoles de management proposaient une formation aussi structurée dans ce domaine. Les entreprises ont besoin de cadres capables de comprendre les rapports de force internationaux et leurs conséquences économiques. Le réseau de partenaires académiques de l’école et la place de l’international dans le cursus ont renforcé mon choix.
Comment avez-vous construit cette dimension géopolitique au sein de SKEMA ?
J’ai choisi le parcours consacré à la géopolitique et suivi les enseignements de Frédéric Munier, de Philippe Boulanger et d’autres spécialistes. Cette formation m’a permis d’étudier les liens entre géopolitique, défense et stratégie d’entreprise.
Elle a donné une cohérence à mon profil. Mon passage au lycée militaire témoignait de mon intérêt pour la défense. Les cours suivis à SKEMA m’ont apporté les outils d’analyse nécessaires pour comprendre les enjeux diplomatiques et sécuritaires.
Une césure entièrement tournée vers la défense
Comment avez-vous obtenu votre stage au sein de la mission de défense de l’ambassade de France à Mexico ?
J’ai répondu à une offre publiée sur PASS, la plateforme de recrutement de la fonction publique. Je n’avais pas de réseau au sein de cette mission. La sélection reste exigeante : entre 60 et 70 candidatures ont été reçues pour le stage suivant le mien.
Ma formation militaire, mon parcours en géopolitique et mon engagement dans une association étudiante consacrée aux questions de défense (le SDEC, ndlr) ont formé un ensemble cohérent. Ces expériences permettent de franchir la première phase de sélection. L’entretien évalue les connaissances du candidat, mais aussi sa capacité de raisonnement et sa compréhension du milieu de la défense.
Quelles étaient vos missions à l’ambassade ?
Une part de mon travail reposait sur l’analyse de sources ouvertes. La mission de défense de Mexico couvre le Mexique, le Guatemala et le Salvador. Nous suivions l’actualité sécuritaire, politique et diplomatique de ces trois pays.
Nous rédigions une lettre de défense destinée à l’attaché de défense et à plusieurs interlocuteurs institutionnels. Nous préparions des fiches pays consacrées à la situation sécuritaire, économique et sociale de la région. Elles pouvaient servir lors de rencontres entre responsables français et étrangers.
Nous rédigions des courriers officiels à destination des autorités mexicaines. Les sources étaient en espagnol, les notes d’analyse en français et les lettres officielles en espagnol. Il faut aimer rédiger : l’écriture tient une place centrale dans ce type de mission.
Comment s’est passée votre intégration à Mexico ?
L’équipe m’a intégré dès mon arrivée. La mission de défense repose sur un effectif réduit, ce qui crée des liens forts entre ses membres. Nous partagions le même intérêt pour les questions militaires, diplomatiques et géopolitiques.
Je suis arrivé dans une période marquée par des tensions sécuritaires. La situation dans la capitale restait calme, mais ce contexte m’a plongé dans les enjeux du pays. Le travail de veille a pris tout son sens dès les premiers jours.
Cette expérience a-t-elle confirmé votre projet professionnel ?
Elle a confirmé mon envie de travailler dans la défense. La diplomatie m’intéresse, mais elle ne constitue pas mon premier choix de carrière. Je souhaite rejoindre l’armée d’active et devenir officier de l’armée de Terre. L’arme du génie m’attire, même si mon projet peut évoluer.
Par ailleurs, ce stage m’a permis de découvrir le travail d’un attaché de défense, à la croisée de la diplomatie, des relations internationales et des enjeux militaires. C’est un métier fondé sur l’analyse, la rédaction et les relations humaines.
De SKEMA à Saint-Cyr ?
Comment envisagez-vous la suite de vos études ?
Après ma césure, je partirai en échange universitaire en Pologne. Je souhaite ensuite candidater au double diplôme associant le Master in Management de SKEMA et le Master 2 « Géopolitique – Information géographique numérique » (Geoint) de Sorbonne Université. Je me dis que c’est un peu niche, mais que cela peut m’être très utile pour la suite de mon parcours. Cette formation combine l’analyse géopolitique, la cartographie, l’imagerie spatiale et l’exploitation de données géolocalisées. Ces compétences occupent une place croissante dans les secteurs de la défense et du renseignement.
Cette voie pourrait me conduire vers des fonctions de commandement et d’état-major.
Votre objectif reste-t-il d’intégrer Saint-Cyr, l'école qui forme les officiers de l'Armée de Terre ?
Oui. Deux voies s’offrent à moi. La première consiste à rejoindre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr pour devenir officier de carrière. Cette voie pourrait me conduire vers des fonctions de commandement et d’état-major. La seconde passerait par l’École militaire des aspirants officiers de Coëtquidan, qui forme les officiers sous contrat. Je pourrais alors servir dans l’armée pendant dix ou quinze ans avant de poursuivre ma carrière dans le secteur civil. Je ne me ferme aucune porte.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants attirés par la défense ou la diplomatie ?
Il ne faut pas attendre la publication d’une offre. Les candidatures spontanées permettent de contacter les missions de défense avant l’ouverture des recrutements.
Il faut construire un parcours cohérent. Une préparation militaire, un engagement associatif, une formation en géopolitique, la maîtrise des langues et une bonne connaissance de l’actualité peuvent faire la différence. Les recruteurs ne cherchent pas seulement des connaissances techniques. Ils veulent des candidats capables d’analyser une situation, de défendre un raisonnement et de montrer un intérêt réel pour la défense.