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eSport : À 20 ans, cet étudiant en BBA dispute des tournois internationaux à plusieurs centaines de milliers de dollars

Campus Nanjing
Sport
Vie étudiante

Publié le 11 mai 2026

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Étudiant en troisième année du Global BBA de SKEMA Business School, au sein du parcours International Business, Gabriel Jeanne construit un parcours peu commun. Après les campus de Lille puis Barcelone, il poursuit actuellement son cursus sur le campus de Nanjing, en Chine, avant une future spécialisation à Raleigh, aux États-Unis. En parallèle de ses études, il évolue depuis plusieurs années à haut niveau sur Hearthstone, un jeu vidéo compétitif, lointain cousin du poker, développé par Blizzard Entertainment, qui mêle cartes, stratégie, chance et prise de décision. Une activité qu’il mène en parallèle de ses études.

Comment êtes-vous arrivé à SKEMA ?

Je viens de La Roche-sur-Yon, en Vendée. J’ai intégré le Global BBA après le lycée parce que je cherchais une école avec une vraie dimension internationale. Ce qui m’a attiré chez SKEMA, c’est la possibilité de changer de campus chaque année, avec le format un campus par année académique. 

Chaque événement réunit seize joueurs et propose une dotation de 50 000 dollars.

 

J’ai commencé à Lille, un campus que j’ai beaucoup apprécié puis je suis parti à Barcelone (sur le campus d’EADA, partenaire de SKEMA Business School), et maintenant je suis en Chine, sur le campus de Nanjing. L’an prochain, je partirai à Raleigh pour ma spécialisation. Ce parcours “4x4”, avec un campus différent chaque année est une expérience assez unique.

D’où vient votre passion pour l’e-sport ?

J’ai commencé à jouer à Hearthstone vers 8 ans. J’ai commencé à devenir bon vers 12 ou 13 ans, puis à participer à des compétitions internationales autour de 15 ans. Hearthstone est un jeu de cartes stratégique en ligne inspiré de l’univers de Warcraft. Deux joueurs s’affrontent avec des decks composés de cartes aux effets différents. Chaque partie demande de l’anticipation, de la gestion du risque et beaucoup de réflexion stratégique. Il existe une part d’aléatoire qui est importante, comme au poker, mais la régularité et la qualité des décisions font la différence sur le long terme.

Vous participez aujourd’hui à des compétitions internationales. Comment fonctionne cet écosystème ?

Le circuit compétitif repose sur plusieurs tournois internationaux appelés « Master Tours ». Chaque événement réunit seize joueurs et propose une dotation de 50 000 dollars. Les meilleurs se qualifient ensuite pour les championnats du monde, organisés cette année lors de la BlizzCon (la conférence de l’éditeur de jeux vidéo américain Blizzard NDLR), en Californie, avec un cash prize de 500 000 dollars.

Pour se qualifier, il faut performer chaque mois dans les classements internationaux puis réussir lors des compétitions majeures. Cette année, j’ai terminé premier du serveur européen avant de décrocher ma qualification pour le championnat du monde.

Cette activité reste donc une passion, malgré le niveau atteint ?

Oui, cela reste avant tout un hobby, même s’il peut générer ponctuellement des gains lors de certaines compétitions. Les gains restent aléatoires et liés à des performances sur des formats courts. Je vois surtout cela comme une expérience personnelle enrichissante, qui peut aider pour l’avenir ou financer certains projets. Je préfère garder une vision lucide là-dessus et je ne fais pas de mélange des genres.

Comment arrivez-vous à concilier études et compétitions ?

Au début, ce n’était pas simple. J’ai déjà dû renoncer à certains tournois importants pour privilégier mes examens. Avec le temps, j’ai appris à mieux organiser mon travail et mes périodes d’entraînement. Parfois, les calendriers deviennent compliqués et il faut jongler. Là, par exemple, je vais jouer un tournoi international pendant la nuit à cause du décalage horaire chinois… avant un examen final le lendemain matin. Il faut réussir à trouver un équilibre. Mais je garde une priorité claire : valider mon parcours académique. Si un tournoi tombait exactement pendant des examens impossibles à déplacer, je choisirais mes études, c’est évident.

À quoi ressemble l’entraînement d’un joueur de haut niveau ?

Cela dépend des périodes. Avant une grande compétition, les journées peuvent durer entre six et dix heures de préparation avec d’autres joueurs. Mais il y a aussi des moments de pause mentale après des périodes très intenses.

Je prends aussi beaucoup au sérieux le sommeil, le sport et l’alimentation. Je vais à la salle presque tous les jours. On a l’image du joueur de jeu vidéo un peu blafard, les traits tirés, même si ça change. Il est admis que les mécanismes se ressemblent : optimiser ses performances physiques ou optimiser son niveau de jeu, c’est une logique assez proche lorsqu’on veut être le meilleur.

Votre semestre en Chine vous apporte aussi des opportunités liées au gaming ?

Oui, clairement. La Chine possède une scène Hearthstone très active. J’ai pu être invité à plusieurs événements et tournois sur place, notamment une grande compétition à Tianjin (province de Hebei) réunissant plus de mille joueurs. C’est un pays très différent, parfois déroutant, mais extrêmement intéressant à découvrir. Pour mon activité autour du jeu, c’était, sans doute, le meilleur endroit où être cette année. 

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