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Recherche : comment l’IA a passé au crible plus de 30 ans de rapports du GIEC
Christophe Bisson, professeur associé, membre du SKEMA Centre for Artificial Intelligence (SCAI) et directeur scientifique du MSc Business Consulting and Decision Intelligence à Paris, cosigne une étude consacrée à l’évolution des scénarios climatiques dans les six rapports de synthèse publiés par le GIEC depuis 1990. Spécialiste des systèmes d’anticipation, de l’intelligence stratégique et de la prospective, il a mobilisé l’intelligence artificielle pour comparer plus de trente ans de connaissances climatiques.
Comment l’IA révèle l’évolution des scénarios climatiques du GIEC
Une étude cosignée par Christophe Bisson, professeur associé à SKEMA Business School, mobilise l’intelligence artificielle pour analyser l’évolution des scénarios climatiques dans les six rapports de synthèse publiés par le GIEC depuis 1990. Publiée dans la revue scientifique en libre accès PLOS Climate (Journal de rang 1), l’étude a été menée par Christophe Bisson avec Thierry Warin, professeur à HEC Montréal.
Les deux chercheurs ont conçu un dispositif fondé sur la génération augmentée par récupération, ou RAG, associée à une série de prompts analytiques. Cette méthode leur a permis de soumettre les mêmes questions aux six rapports de synthèse du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
L’analyse porte sur quatre dimensions : l’articulation entre atténuation et adaptation, le développement des technologies émergentes, les risques socio-économiques et les tensions sur la gouvernance, ainsi que la place de l’élimination du dioxyde de carbone dans les trajectoires climatiques.
Des scénarios devenus plus précis
Les résultats mettent en évidence une continuité des conclusions du GIEC. Tous les rapports établissent qu’un retard dans la réduction des émissions accroît les risques futurs et que le potentiel des technologies dépend des politiques publiques, des financements, des infrastructures et des institutions.
La principale évolution porte sur la manière de représenter ces connaissances. Les premiers rapports reposent sur des raisonnements qualitatifs. Les publications récentes intègrent davantage de données chiffrées, de niveaux d’incertitude, de trajectoires socio-économiques et de contraintes liées à l’adaptation et à l’atteinte de la neutralité carbone.
« L’objectif n’est pas de demander à une intelligence artificielle de produire une expertise climatique. Nous l’utilisons pour organiser les sources, appliquer les mêmes questions à chaque rapport et rendre leur comparaison plus pertinente. Cette méthode reste un outil au service du jugement scientifique », explique Christophe Bisson.