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CAC 40 : plus de femmes, mais toujours pas au sommet, l'étude du professeur Michel Ferrary

Faculté et recherche

Publié le 24 février 2026

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Campus grand Paris

L’édition 2026 de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, dirigé par Michel Ferrary, dresse un constat lucide : si la présence des femmes progresse dans les grandes entreprises françaises, l’accès aux plus hautes fonctions exécutives demeure limité.

Porté par les lois Copé-Zimmermann et Rixain, le mouvement de féminisation est réel. Mais il reste inégal selon les groupes. Et les chiffres sont sans ambiguïté : la mixité constitue un levier puissant de performance économique, boursière et extra-financière.

 

Une gouvernance encore largement masculine

Les femmes occupent 7,5 % des 80 postes de président ou directeur général du CAC 40. Aucune ne cumule les fonctions de président-directeur général. Seules deux femmes présidentes de conseil d’administration et quatre directrices générales sont recensées.

Ce verrou au sommet contraste avec la situation des conseils d’administration, désormais proches de la parité (45,9 % de femmes), sous l’effet direct de la loi Copé-Zimmermann. L’étude parle d’« ascenseur législatif » : lorsque la contrainte disparaît, la progression ralentit.

 

Loi Rixain : des effets visibles

La loi Rixain commence toutefois à produire des effets. En 2025, les femmes représentent 28,81 % des membres des comités exécutifs du CAC 40, contre 6,3 % en 2008.

Sept entreprises respectent déjà les exigences cumulées des lois Copé-Zimmermann et Rixain : Accor, BNP Paribas, Kering, Engie, Publicis, Schneider Electric et Société Générale.

Un tournant se dessine : la féminisation ne repose plus sur l’élargissement des comités exécutifs, mais sur un remplacement progressif d’hommes par des femmes, signe d’un changement plus structurel.

 

Un plafond de verre qui se fissure

Le plafond de verre, mesuré par l’écart entre la proportion de femmes parmi les ingénieurs et cadres et leur part au comité exécutif, a été divisé par 2,5 depuis 2008. Il demeure significatif, à 8,9 points en 2025. "Le middle management compte plus que le top management. La féminisation ne peut se limiter aux sommets symboliques. Elle doit irriguer l’ensemble de l’organisation pour produire des effets durables sur la performance, la responsabilité et la création de valeur", explique le professeur Michel Ferrary

Certaines entreprises illustrent ces contrastes. EssilorLuxottica affiche plus de 50 % de femmes parmi ses ingénieurs et cadres, mais aucune au comité exécutif. À l’inverse, Vinci présente un écart quasi nul entre vivier et sommet exécutif.

 

Quatre modèles de diversité

En croisant diversité des effectifs et inclusion au sommet, l’Observatoire identifie quatre modèles :

Les entreprises « féminines », où la présence des femmes dans l’encadrement se reflète au comité exécutif, comme AXA, L'Oréal ou Sanofi. Les entreprises « amazones », où l’inclusion au sommet compense un vivier plus masculin, telles que Air Liquide ou Orange. Les entreprises « masculines », dont la faible féminisation reflète un vivier interne majoritairement masculin, comme Airbus ou TotalEnergies.

Les entreprises qualifiées de « machistes », disposant d’un vivier féminin important sans traduction au sommet.

 

Mixité et performance : une corrélation forte

L’étude met en évidence des liens clairs entre féminisation et performance. Plus la mixité est élevée, notamment dans le middle management, plus la rentabilité opérationnelle progresse. Les entreprises les plus féminisées affichent une rentabilité plus de deux fois supérieure à celles qui le sont le moins.

Les marchés financiers confirment cette tendance : les entreprises les plus mixtes présentent un risque d’investissement plus faible et une meilleure résilience en période de crise.

 

ESG : un levier stratégique

La féminisation apparaît également comme un facteur clé de performance ESG. Les entreprises les plus mixtes affichent des risques sociétaux et environnementaux inférieurs, en particulier lorsque la diversité concerne l’encadrement intermédiaire et les effectifs.

À l’heure où investisseurs, agences de notation et pouvoirs publics renforcent leurs exigences ESG, le message est clair : la mixité constitue un impératif économique et stratégique.

 

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