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Pr. Yu Li : "Les décisions managériales ne se prennent jamais de manière isolée"

Campus Grand Paris
Faculté et recherche
Bachelors
Programme Grande Ecole
Knowledge, Technology and Organization

Publié le 13 mai 2026

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Yu Li est professeure assistante en stratégie et business international à SKEMA Business School et membre du centre de recherche Knowledge, Technology and Organization sur le campus Grand Paris. Avant de rejoindre SKEMA, elle a obtenu un doctorat à la Darla Moore School of Business aux États-Unis. Ses recherches portent sur la manière dont les entreprises évoluent dans des environnements internationaux marqués par les tensions géopolitiques, les attentes sociétales et les transformations du rôle des organisations dans la société.

Pouvez-vous vous présenter brièvement et revenir sur votre parcours académique ?

Je suis professeure assistante en stratégie et business international. Avant de rejoindre SKEMA, j’ai obtenu un doctorat à la Darla Moore School of Business de l’Université de Caroline du Sud, aux États-Unis. Mon parcours académique a été façonné par un intérêt fort pour la manière dont les entreprises opèrent dans différents environnements institutionnels, politiques et culturels. Cette perspective m’a naturellement conduite vers le business international et les stratégies non marchandes, où j’étudie la façon dont les organisations répondent aux attentes sociétales, aux tensions géopolitiques et aux pressions des parties prenantes dans un monde de plus en plus polarisé.

Vos recherches explorent la stratégie, la durabilité et le business international : quelles sont aujourd’hui les questions centrales de votre travail ?

Mes recherches analysent la manière dont les entreprises prennent des décisions stratégiques dans des environnements où business, politique et société sont de plus en plus imbriqués

. Je m’intéresse particulièrement aux questions liées à l’activisme sociopolitique des entreprises, à la durabilité, aux attentes des parties prenantes et aux défis auxquels les multinationales font face lorsqu’elles évoluent dans des contextes polarisés ou institutionnellement fragmentés.

 

"Je veux que mes étudiants comprennent que les décisions managériales ne se prennent jamais de manière isolée [...]"

 

Plus largement, je cherche à comprendre à quoi ressemble un leadership d’entreprise à la fois responsable et efficace dans un monde en mutation rapide. Alors que les entreprises subissent une pression croissante pour prendre position sur des sujets sociaux et politiques, les managers doivent trouver un équilibre entre performance économique, légitimité, réputation et relations durables avec leurs parties prenantes. Ces tensions deviennent aujourd’hui des enjeux stratégiques centraux pour les organisations internationales.

D’une certaine manière, ces questions rejoignent aussi les grandes transformations qui touchent aujourd’hui l’enseignement du management : transitions liées à la durabilité, incertitudes géopolitiques, disruptions technologiques et évolution du rôle des entreprises dans la société.

Vous enseignez à la fois dans les programmes BBA et Master in Management (PGE) : que souhaitez-vous transmettre aux étudiants ?

Au-delà des cadres théoriques et des outils d’analyse, j’espère aider les étudiants à développer leur curiosité intellectuelle, leur esprit critique et leur conscience des enjeux internationaux. Je veux qu’ils comprennent que les décisions managériales ne se prennent jamais de manière isolée : elles s’inscrivent toujours dans des contextes sociaux, politiques, éthiques et internationaux.

 

"Préparer les étudiants à réussir dans un environnement mondial complexe et en évolution rapide constitue, à mes yeux, l’une des missions les plus importantes de l’enseignement du management aujourd’hui."

 

J’encourage aussi les étudiants à se sentir à l’aise avec l’ambiguïté et la complexité. Les futurs managers seront de plus en plus confrontés à des situations où il n’existe pas une seule “bonne” réponse, mais des attentes contradictoires de la part des parties prenantes et des arbitrages difficiles. Mon objectif est de créer un environnement d’apprentissage où les étudiants apprennent à réfléchir avec rigueur, à communiquer avec nuance et à aborder les défis mondiaux avec à la fois discipline analytique et ouverture à des perspectives différentes.

Plus largement, à quels défis les futurs managers devront-ils se préparer selon vous ?

Je pense que les futurs managers devront évoluer dans un monde marqué par des défis globaux interconnectés : transition climatique, fragmentation géopolitique, transformation technologique, inégalités sociales et surveillance accrue des parties prenantes. L’expertise technique seule ne suffira plus. Les dirigeants de demain devront être capables de naviguer dans l’incertitude, de collaborer entre cultures et disciplines, et de prendre des décisions qui soient non seulement viables économiquement, mais aussi responsables socialement et conscientes de leurs impacts globaux.

Dans ce contexte, les business schools ont un rôle essentiel à jouer pour former des managers capables d’allier excellence analytique, adaptabilité, jugement éthique et compréhension plus large de leur impact sur la société.

C’est aussi pour cette raison que je trouve la vision internationale et tournée vers l’avenir de SKEMA particulièrement stimulante. Préparer les étudiants à réussir dans un environnement mondial complexe et en évolution rapide constitue, à mes yeux, l’une des missions les plus importantes de l’enseignement du management aujourd’hui.